Vendredi 11 juillet 2008
    Pour oublier le Poussin Palace de Rouen la Coquette, j’avais accepté l’invitation de mes amis Khamda+ en baie de Somme. La maison était choisie aux petits oignons : jugez plutôt d’après la vue de mon lit.

    Au bout de la grande pelouse, derrière la grille, passaient les touristes qui immanquablement tournaient leurs regards vers la noble bâtisse dont l’un des murs d’enceinte n’est autre que le dernier vestige du château médiéval du Crotoy — qui abrita pour une nuit la Pucelle, Jeanne-la-pas-tout-à-fait-folle, prisonnière des Anglais qui allaient lui faire remonter tout mon trajet en sens inverse jusqu’à Rouen, et à pieds les salops. Il nous restait à prendre l’air le plus propriétaire possible en nous resservant un café et à regarder, par-delà les badauds, passer les mats des voiliers fuyant la marée basse.

La marée basse parlons-en !

    Ce cliché dominical, nous sommes fort matin, m’a coûté une paire de baskets blanches… Il manque à l’authenticité du témoignage la malheureuse propriétaire du véhicule qui arrive droit sur nous depuis la rive pour nous demander « Ça va ?!! » de l’air de celle qui n’apprécie pas trop qu’on s’installe comme ça au volant de sa Mini d’époque. Apaisée par notre compassion, elle nous expliquera que ça devait être un coup de son mari « Il a dû avoir envie de se baigner… », ce qui nous permit d’inférer qu’il était passablement alcoolique. Une boîte de lingettes pour bébé sur la “plage arrière” — qui n’a jamais autant mérité son nom — ajoutait au tragique de la situation.

    Mais
ne nous laissons pas attendrir et après quelques moules frites rentrons à Paris, ses cabarets, ses spectacles immortels et tous ses amis.

    Vous aurez reconnu l’artiste transformiste de génie, La Mireille de chez Michou, 80 rue des Martyrs dans le 18ème. J’ai manqué la représentation mais pas les nombreux apéritifs, dîners dînatoires et autres pots de l’amitié qui me furent offerts. À tous, merci.
Un monument au cholestérol

    Addendum : à tout seigneur tout honneur, si le site universitaire de Mont Saint Aignan venait à disparaître (un tag très estudiantin clame d’ailleurs là-bas “Le savoir est une bombe, faites exploser la Bibliothèque” ou approchant), il conviendrait quand même de regretter le capuccino de la cafét du CROUS dont les hôtesses très maternantes vous tutoient d’emblée et vous donnent des petites serviettes “pour la faire briller cette pomme” ou relèvent vos avances à la commande d’un “Coca Cherry”.

    La prochaine fois il faut que je me dépêche des invités arrivant, la salle de bain étant crade et tellement de choses se sont passées entre ces événements…



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Vendredi 4 juillet 2008
    Pour faire vite, et rattraper un léger mois de flottement, commençons par mon arrivée à Paris. Rappelé par des examens universitaires et médicaux* dans notre beau pays, je venais juste de récupérer ma large valise à roulette en nylon, que mon ami La Mode — de retour du festival de Cannes avec L’Oréal les produits stars — me hélait du tourniquet à bagages voisin. S’ensuivirent retour en taxi, apéritif, puis dîner avec d’autres amis, toutes choses que je m’étais bien promis d’éviter afin de préserver intact mon capital neuronal.

    Le lendemain, gare Saint Lazare, un type est abrité sous le auvent du kiosque à journaux, tentant d’ouvrir un parapluie transparent pour sa fille, une petite dans les 5 ans. Il lui dit, à elle qui est sage et ne dit rien : « Et oui c’est un temps de merde. Normal, dans ce pays de merde ! » Et là je sais que je suis bien de retour. Je le regarde un peu surpris, avec peut-être un vague sourire — un reste d’Amérique où il sied de porter sur le front, à pied ou en décapotable, un enthousiasme minimum, garant de sa foi dans l’avenir et de son envie d’y arriver. Mais à quoi ? Alors le type parle, un peu pour moi à cause de mon coup d’œil, un peu à part. Il demande « Quoi ? Faut être positif, c’est ça ? » Je ne réponds rien. Alors il poursuit que, lui, les gens positifs ça lui paraît louche, que ça doit cacher quelque chose comme un vice. Je me plonge dans le sommaire du dernier Têtu, spécial sportifs.

    Je prends le train, et là un monsieur me demande avec bonhomie de lui refaire le bandage qui lui maintient le poignet. Commençant à me rappeler la nécessité de ne pas trop croiser le regard de mes compagnons de transhumance, j’obtempère en lui précisant tout de même que je n’ai aucune formation de secouriste. Lui, me dit que ça ne pourra pas être pire que l’autre imbécile qui lui a serré ça comme je sais pas quoi. Il est vrai que ses doigts commençaient à gonfler sérieusement. Je me contentai donc de croiser la bande velpeau du mieux que je pus, m’attirant les grâces de ce monsieur, qui parlait fort. Comme ça tout le wagon savait que j’étais un bon petit gars.

    Comme convenu depuis deux mois, j’arrive à Mont Saint Aignan — vilaine bourgade sur les hauteurs de Rouen, à une demie heure de bus de la gare — au secrétariat de la résidence universitaire Bois-Pléiade, avant 15 heures. Fort d’un surmoi stressable, j’arrivai même à 12h25 devant le secrétariat, exceptionnellement fermé à partir de midi ce jour-là et pour toute la journée, “Réunion”. La secrétaire partait déjeûner, je la vis, je rougis (envie de la tuer), je pâlis (peur de devoir trouver un autre gîte avec mes 25 kg de bagages) et lui rappelai notre rendez-vous. Elle finit par m’accorder audience en début d’après-midi. On me donne la chambre 118, Résidence Poussin. On l’ignore souvent mais j’ai été Poussin Tricolore quand j’étais petit, rapport à mon excellence gymnique. J’y vis un signe du destin et partais plein d’espoir vers mes 9m2, lit militaire, bureau moderne, WC privatif et frigo ultra-silencieux (parmi les rares “ultra” fréquentables). C’était annoncé. Par contre le cadre lui même laisserait rêveur Poussin. Je vous renvoie à ces quelques images à la mise en scène un peu appuyée mais tellement réaliste.

 http://martinefruit.unblog.fr/2007/12/27/la-cite-universitaire-du-bois-mont-saint-aignan/

    Au-delà du charme de l’architecture, les cloisons de papier mâché m’ont permis de profiter au maximum de la vie étudiante. J’ai d’abord cru à des scènes de violence conjugale, au bruit, mais il s’est avéré que la fille était mdr/ptr/lol et que tout le couloir était sur le mode “gospel” sitôt la nuit tombée — et elle tombe tard fin mai. À un moment j’ai cru qu’ils allaient arrêter, regagner leurs cagibis mais c’est là qu’ils ont mis de la musique.

La prochaine fois, j’aurai quitté cet enfer et me serai rapproché du temps présent.
* On me dit de préciser qu'il s'agissait d'une visite de contrôle chez mon dentiste. Des gens inquiets.
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Mardi 20 mai 2008
    Nous voici tous les trois devant la Maison Blanche, photographiés par une fille de George Debeul-you qui a le monopole des prises de vue de touristes esseulés et de la vente de pop corn à cet endroit. Elle est très présente en ce moment, car la rente se termine dès la fin de cette année.



    Nous sommes ainsi venus plusieurs jours à Washington chez Mitamura San et le domesticpartner (c'est notre fils !), après un séjour analogue à Montréal chez Rinaca et RVW (c'est notre fils !). La mondialisation n'a pas que des mauvais côtés pour des parents retraités.



    Washington, ses musées et innombrables édifices publics : que de colonnes ! Probablement plus que n'en a comptées toute la Grèce antique. Dans le genre, c'est beau. Le Capitole en impose (comme disent les contribuables américains), même s'ils ont oublié l'annexe de la roche Tarpéienne qui pourrait servir de temps en temps ?

    La terrasse des domesticpartners, éclairée façon "c'est Noël toute l'année", fournit un cadre festif à des conversations sur les problèmes mondiaux essentiels de ce début de siècle. La photo ci-jointe ne rend compte que d'une pause, plutôt gastronomique.



    Les Américains de leur quartier fleurissent les espaces publics situés devant chez eux ! Ca nous a fait drôle, car chez nous on a plutôt tendance à barboter les fleurs plantées par les services municipaux sur les espaces publics de proximité. Allez comprendre !

Un énorme merci aux domesticpartners. Le lieu est en général surbooké, mais si un créneau se dégage dans les 2 ans qui viennent et qu'ils ont l'imprudence de vous inviter, n'hésitez pas !

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Mardi 6 mai 2008
    Ce week end nous avons découvert l’arboretum, fastueux en pleine éclosion des azalées et des pivoines mais parons au plus pressé et évoquons la capitale du Maryland, la cité du crabe à carapace molle, Baltimore.
   
    Si vous êtes comme moi, vous connaissiez Baltimore par les films de John Waters, où l’on se bat pour être élu la “filthiest person alive” comme on concourt à l’élection de Miss Auto Show. Ou bien, plus récemment vous étiez passé en bus devant la ville sur votre chemin entre New York et DC en vous promettant bien de ne jamais vous arrêter dans ce taudis autoroutier à l’aspect repoussant malgré son port. Baltimore est pourtant injustement mal aimée, nous l’allons prouver tout à l’heure.

    Au saut du train, l’art déco de la gare voisine avec l’art contemporain particulièrement abondant dans ce quartier où la Faculty of Arts se répartit entre un bâtiment classique et un nouvel immeuble recouvert d’une structure en verre vert du plus bel effet. C’est pour faire plaisir aux jeunes étudiants qui font le trajet en MARC — le MARyland Commuter. Très tôt la question se pose :


Où est Charly ?

    En lisant mal votre plan, vous pourrez, comme nous, découvrir des quartiers aux sympathiques maisons abandonnées, dont la peinture des briques décrépite laisse espérer l’aubaine immobilière.


    Quelques rues plus loin, avant de prendre conscience que vous vous égarez vraiment, vous croiserez la prison, qui vous aura attiré de loin par sa stature majestueuse. Quelque chose d’une cathédrale début XXè, mais avec une haute cheminée industrielle au milieu de la cour. La population aux abords des grilles barbelées et, beaucoup plus loin (c’est énorme énorme énorme), les détenus en salopettes orange nous ont un peu éclairés sur l’atmosphère du Nord Est de la ville, nous faisant du même coup ranger assez bourgeoisement notre appareil numérique, aux abondants mégapixels.

    Remis sur les rails d’une visite plus balisée, nous avons pu visiter, à peu près seuls le musée du centre ville qui fait l’effet d’un mini Louvre : de tout, des Etrusques au Japon, rassemblé par un seul collectionneur privé — dont on se demande bien ce qu’il a fait pour pouvoir s’offrir tout ça… Peut-être avait-il construit la prison et la faisait-il tourner ? Quoi qu’il en soit, entre le buste du Grand Condé et les bronzes de Padmasambhava, je recherchais toujours Charly.




















L'avez-vous vu ?

    Après cette longue marche, il était plus que temps d’aller manger. Arrosé d'une bière locale, dans une taverne centenaire, on vous sert le “soft shell crab”, c’est la saison. L’idée, c’est que ce crabe n’a pas encore eu le temps de durcir sa carapace, alors eux, ni une ni deux, ils le panent légèrement et ils le font frire — sinon ce ne serait plus l’Amérique. C’est bon et c’est assez troublant d’avaler toute la bête, avec les pattes entières.

    Il ne nous restait plus qu’à nous faire le grand aquarium mais on ne l’a pas fait. Le spectacle que nous offrait le port intérieur étant suffisamment frappant en terme de merveilles aquatiques, puisqu’il réunissait mes deux grandes passions : la draconologie et le pédalo.






















La prochaine fois, nous emmèneront notre appareil à l’arboretum, cet étrange laboratoire — l'occasion de réviser la troisième déclinaison !
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Mercredi 16 avril 2008
    Hier encore, je profitais du printemps et de la vie en extérieur pour reprendre contact avec ma grande passion, l’Ultimate — fighting ou frisbee, là est la question… que je laisserai à mon aimable lecteur le soin de trancher. Habitué à la perspective imposante de la tour Eiffel comme témoin de nos matchs, à l’époque du fameux Ultimate Club du Champ de Mars, j’ai signé mon transfert pour l’International Disc Alliance, qui se réunit juste derrière la Maison Blanche. Désormais le Washington Monument (leur faux obélisque, plus gros que "le nôtre" comme il se devait) sera donc le témoin de mes interceptions acrobatiques et de ma légendaire vélocité, n’ayons pas peur des mots. Tout est vrai.

    Je dois d’ailleurs à la Vérité — qui m’est une province et beaucoup davantage — cet erratum concernant l’absence d’élection de Miss Cherry Blossom à DC. Cet événement est même suffisamment marquant pour qu’à l’instar du processus de sélection de Miss France, des élections régionales déterminent des Miss Cherry Blossom pour chaque état. C’est dire si j’ai fait preuve de légèreté, de dilettantisme, d’incurie en affirmant le contraire par ignorance ; ce qu’on appelle de la désinformation. Pour rattraper l’irrattrapable voici quelques documents arrachés à une brochure délicieusement préfacée par Laura Bush — un brushing à l’épreuve du feu — nous soulignons :

    La primeur de ces minois de compétition (que vous connaissez mieux maintenant) m’a été révélée par ces deux “Princesses” comme on n’hésite pas à les appeler :
    Vous aurez reconnu la lauréate 2008 de notre District alors qu'humblement en retrait à gauche se tient l'authentique Miss Sakura Japan 2008 qui honore cette page de son sourire d'avril.

    Je les ai rencontrées lors de la grande manifestation de vendredi dernier : Sakura Mazuri. Deux avenues dédiées à la bibelotterie, la papeterie, la poterie, la jardinerie zen, sans oublier la bouffe japonaise laquelle occupe près des 3/4 des stands. On pouvait y déguster des brochettes de format sûrement inédit au Pays du Soleil levant,  l’équivalent de trois menus C, voire B dans un Yakitori parisien, de quoi nourrir une famille japonaise d’un seul pic en bambou. Des enclos à bière et à saké sous surveillance policière permettaient aux plus outrageusement libéraux des visiteurs de boire de l’alcool sur la voie publique ! Enfin de nombreuses démonstrations étaient organisées. Parmi les plus marquantes se donnaient en spectacle le tailleur de poteaux,

les sœurs casseroles dans leur grand numéro du “karaoké from hell” (le type à la fin de la vidéo demande si on les paie pour monter ou pour descendre de la scène),


sans oublier les danses sataniques du futur,



J'y ai récolté le premier spécimen de ma nouvelle grande passion, le bonsai.

La prochaine fois nous verrons si quelque importun mensonge, quelque insidieuse contre-vérité s’était glissé dans ce post.


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Dimanche 13 avril 2008
Je comptais bien me défiler et ne pas assumer mes responsabilités d'invité officiel à Washington mais avant de réserver vos billets, mieux vaut que vous le sachiez ; il vous faudra rédiger quelque chose dans le blog du Domesticpartner si vous mettez les babouches dans "son" appartement (Je crois que son Workingpartner est autorisé à payer une partie du loyer).
 
 "C'est la règle" m'a-t-il hurlé plusieurs fois au téléphone alors que de mon lit d'hôpital j'essayais d'obtenir un délai en raison de mon appendicite en phase terminale.
 
"Le blog c'est pas de la blague" a-t-il renchéri en vociférant!
 
Alors voici quelques moments choisis en images de nos 3 jours à DC, ambiance diaporama, Richard Clayderman en bruit de fond, défense de dormir:
 
1- Friture:

La ville baigne dans une douce odeur d'huile de Canola usée alors que non loin, au bord du Potomac, fleurissent les cerisiers centenaires...
Narica ne s'est pas fait prier 2 fois pour engloutir à une seule un bon kilo d'oignons frits.
 
2- Pontomac:
Portait de famille sur le Potomac alors qu'à l'arrière plan, non loin, un cerisier approchant les 100 ans s'apprête à fleurir...
 
3- Pâquatable:
Le fier gigot trône sur la table alors que Nadiala (un jeune roumaine, collègue de Luc qui parle fort mal le français mais adore le foie gras) huile délicatement son assiette.
 
4- Echec patissier:

 
Malgré tous ses efforts et un vrai moule à Kouglhoff... Mitamoura San a transformé ce qui devait être un Kouglhoff en un "gateau lourd saveur Kouglhoff", et c'était bon!
 
5- Pandalcoolo:
Le panda légèrement américanisé délaisse son régime habituel à base de bambou et préfère lécher avec énergie le fond d'une caisse de Valstar (La bière du clochard).
Non loin, quelques branches de bambou coupé aimeraient fleurir.
 
6- Chez W:

Nos invitations à une partie de croquet sur les pelouses de la maison blanche sont demeurées vaines. "Georges est là?" réponse "Le petit Georges reste en famille à Pâque et il est de surcroît  au beau milieu d'une partie de super Mario. Partez ou je lâche les chiens, merci, God bless America... and America only please".
On en oublierait presque les cerisiers séculaires qui discrètement, fleurissent non loin.

7- Et de 2!
Ca c'est mon ami Lucien qui revient d'une semaine à Cuba. La pêche a été bonne... Rien à voir avec Washington mais bon pour le rapprochement des peuples.
 
8- Ouais mon pote:
Que dire? Que sûrement, vers cet horizon scruté par notre sujet, le Potomac rejoint la mer, abandonnant ainsi les reflets blancs et rougeâtres empruntés aux cerisiers en fleurs, plus loin...
 
En résumé, je vous conseille donc la place.
 
 Il y a les cerisiers, le Potomac, l'huile, les républicains et il y a surtout les domesticpartners, toujours aussi adorables, qui je l'espère vous feront appécier grandement la ville et leur fort agréable compagnie.
 
Merci encore!!!


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Samedi 5 avril 2008
    Depuis notre récente interruption, vous avez échappé à de truculents instantanés domestiques dont les quelques titres — auxquels j’ai bien pensé — serviront à la fois de florilège et de complet développement : To the lake house (ou “La brioche mi-cuite”… une désolation), Dead mouse under the fridge, Blood job (work, I mean), Birthday Party, A mouse in the trap (with guests), Paper PACS (un an d’amour fou), Kughelopf Party, Canadians in DC (pour lequel je ne désespère pas d’avoir une page écrite par nos invités)…

    Mais détournons-nous de tout ce passé pour ouvrir grand nos narines à l’odeur discrète et subtile du Sakura, j’ai nommé le “Cherry Blossom Festival®” (oui, oui, c'est une marque déposée…). Le Washington Post m’en est témoin, nous sommes en plein dedans, quatre fleurs sur quatre au “blossomomètre” mis à jour quotidiennement, le Full Bloom, tout simplement.

    Le terme de Festival n’est pour une fois pas exagéré — à l’opposé des “Lobster festival” plein de promesses d’animations subaquatiques dignes d’un épisode des Snorky, et puis rien… une bête grosse crevette rouge et son beurre fondu. Non, Festival il y a, à commencer par la magnificence des 2 000 cerisiers offerts par le Japon en 1909 à la capitale américaine, en remerciement de son rôle dans la négociation du traité de paix russo-japonais (n’oublions surtout pas pour autant le rôle instigateur, dans cette opération arboricole d’ampleur internationale, d’Eliza Scidmore — intrépide voyageuse, écrivain, photographe — qui distinguait sans ambages les cerisiers du Japon comme «the most beautiful thing in the world », c’est dit, c’est balancé, quel culot !). Festival encore par la diversité des manifestations : concours de cerfs-volants, feu d’artifices, défilé sans militaires et avec dégustation de spécialités japonaises. On regrettera seulement l’absence d’une élection de Miss Cherry Blossom, que je ne m’explique pas bien, ayant eu l’occasion de suivre dans ma jeunesse les élections de la Reine de la Mirabelle, de la Princesse des Quetschs, sans oublier Miss Gewurtzraminer ni la trop méconnue Miss Houblon de Ohlungen (je vous renvoie à ce lien :
http://www.oscl-ohlungen.com/index.php?option=com_content&task=view&id
=135&Itemid=36

 un bien beau week-end d’en France en perspective).

    Foin de Miss donc, mais que de beauté ! Les gens qui flânent le long de la promenade cursive au bord du Tidal Basin, dans lequel se mirent les colonnes de marbre du Jefferson Memorial, ont tous un sourire béat aux lèvres devant tant d’énergie printanière dispersée. C'est généralement là qu'on se rend compte que l'on arbore le même sourire inconscient. Quelque courant d’air fait soudain s’envoler une pluie légère et rosée de pétales qui rejoignent les ombres tortueuses des troncs sur la pelouse.

Voici pour vous une saisie de ce moment :

Comme le disait à propos Tatsu-Jo :

« When the cherry blossoms bloomed
    They brought beauty to my heart.
»

La prochaine fois… mais quand sera la prochaine fois ?

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Lundi 4 février 2008
dominos.JPG
Qui a dit “Domino Day” ?
How disrespectful !
Il s’agit du cimetière d’Arlington où quelques centaines de milliers de GIs sont enterrés, certains au côté de leur épouse. jfk.JPG
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    Le site grandiose est celui de l’ancienne demeure du fameux General Lee, qui refusa la direction des armées nordistes pour rejoindre les troupes sudistes pour des raisons familiales. Sans doute, comme moi, avez-vous longtemps cru que General Lee était une voiture, celle des frères Duke qui inventèrent le jeans slim dans le comté de Hazzard… La réalité est bien moins appétisssante : on confisqua le luxuriant terrain du général confédéré et, à la fin de la guerre de Sécession, il ne put reprendre son potager, encombré de tombes. Le domaine vallonné et boisé s’avère parfait pour une lecture dominicale, au soleil, pendant que le temps passe…


Soldat
envoyé par dc-confidential

… et que les écureuils font leurs réserves :


    Tout juste le temps de prendre l’avion pour rejoindre la tribune impériale du super bowl d’hier (les NY Giants ont gagné grâce à un touch down à la dernière minute, déclenchant le décapsulage d’un million de bouteille de bières).

imperator.JPG
    J’ai dû réserver longtemps à l’avance pour avoir cette place, vous vous en doutez. À la noblesse du matériau, le marbre allie des qualités thermiques évidentes : les bières, bien calées entrent les colonnes, restent fraîches pendant toute la durée du match.

    La prochaine fois, je vous parlerai d’un grand pays, à l’histoire pas si ancienne mais tellement digne
:

Par DC Confidential - Publié dans : du dimanche
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Lundi 28 janvier 2008
    Vous êtes donc 27 à m’aimer, j'ai la liste ! Mon mode de calcul est assez basique : il s’agit du nombre de messages de soutien reçus à l’occasion de mon anniversaire. Ça peut sembler mince mais en amour les contributions sont incalculables, merci à tous ceux qui y ont pensé !

    Pour fêter ça, mon domesticpartner m’a invité chez Ruth’s steakhouse, la meilleure de la ville. Une steakhouse, comme chacun sait, c’est une auberge de la viande, un relais carné ou une maison du très bon steak. Celle de Ruth est un restaurant viandier de sénateur, ambiance moquette à motifs, bois sombre et casiers à bouteilles dans le hall. Il y fait bon voir sortir certains couples à l’élégance un peu amortie par l’alcool, alourdis par le bœuf et qui vous lancent “Steak is good !” En plus, jour de chance, tout un groupe originaire de New Orléans était venu célébrer Maadi Gwa, avec quinze jours d’avance, ce qui nous valut un défilé de haute volée. En plus des habituelles femmes bonbons en robes bustier rose, beige, verte ou bleue, brushées de frais, tout le monde, ces messieurs en costume y compris, portait des triple, quadruple, décuple (pour les plus audacieux) rangs de gros colliers aux allures de décorations de Noël. Un pendentif rouge clignotant en option, clignotait autour des cous. Une femme d’un bon quintal en avait même profité pour remettre sa robe de mariée, elle se tenait au coin de la réception, une jambe repliée comme une débutante le soir du bal de la promotion, et tout le monde se serrait poliment contre les murs pour laisser la place nécessaire à ce beau meuble. Une serveuse lui lança "You look awesome !" ce qui pouvait passer pour du second degré, on ne sait pas toujours ici…

    Confortablement installés à une table carrée, éclairée d’une petite lampe, nous attendîmes dans l’excitation pré-dégustatoire, notre Portehouse pour deux, c’est-à-dire un T-ranausore-bone, accompagné de pommes de terre frites (et ben oui...). Les garçons vous expliqueront que la viande est cuite à 1800°F et qu’ils vous l’apportent dans une assiette à 500°F pour que dure jusqu’à la dernière bouchée le plaisir de la dégustation du steak. Simplement garni d’une bonne noix de beurre et de persil, le plat arrive dans un crépitement caractéristique qui accompagne les larges plateaux qui sillonnent la pièce. La viande était d’une tendreté, mais d’une tendreté ! A vous faire renier bien des steaks d’en France.

    Le lendemain, jai réalisé une tarte au chocolat avec une couche de pistache en embuscade, qui nous a permis de souffler dignement mes bougies. La recette de Marie-Laure, que je ne révélerai qu’à ma mort, est vraiment terrible, merci.

La prochaine fois nous aurons fait du sport pour ne pas finir avec des profils de bouteille d’Orangina.
Par DC Confidential - Publié dans : consommation
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Jeudi 24 janvier 2008
    Vous êtes nombreux à vivre dans l’angoisse de savoir si nous sommes rentrés sans encombre de NY, sans oser pourtant vous enquérir de notre santé de peur de passer pour trop empressés. De votre discrète sollicitude, merci.
    Ô c’est haut NY USA ! quel plaisir de passer la moitié de sa balade à se dévisser la tête pour admirer les faucons du Chrysler building ou les taxis traversant littéralement certains immeubles. Au pied du Rockfeller center nous avons eu la chance d’assister à une grande scène de demande en mariage à l’américaine (“He popped the question !” comme on dit ici avec un bruit dans le popped qui fait entendre le doux son de l’écrin libérant son solitaire diamant, pour faire d’un mois de salaire un gage d’amour éternel, mais qui va payer le loyer ? je m’égare). La scène se passe sur la patinoire extérieure au pied de la tour.

tellmeoui.JPG
    Suite à l’évacuation, probablement monnayée, de la piste de glace le couple s’est retrouvé seul à la croisée des regards. En effet ce que le visuel rend mal — en fait il faut reconnaître que seul le Prométhée rend bien sur ce cliché — c’est que des centaines de gens ne perdent pas une miette de la scène et la ponctuent de leurs cris et encouragements américains. La promise se sentait un peu seule, c’était palpable. Soudain le type met un genou à terre, ou plus précisément à glace, pendant que je me ruai dans mon sac à la recherche de l’appareil photo. Un genou à glace donc, il popp la question et là, je pense qu’elle a dû dire oui, ou yes, ou du moins “OMIGOD” suite à quoi elle a porté ses deux mains à ses joues et lui s’est relevé, sous les applaudissements, pour l’enlacer. Les avis étaient partagés concernant la qualité de cette demande : on oscillait entre “la pauvre c’est monstrueux de faire ça” et “ça restera le plus beau souvenir de leur vie” — à chacun de se faire son opinion.

    Après une promenade par -8°C qui nous a mené jusqu’au Plazza — ancien palace reconverti en appartements privés, tout à fait c’est achetable, ruez-vous il n’y en aura pas pour toutes les bourses — lieu de mémoire puisque c’est là que vivait la petite Héloïse, qui ne manquait jamais de commander au room service une feuille de laitue et trois raisins secs pour sa tortue, Caroline (non ça c’est dans Boule&Bill, c’était un piège !). Nous sommes allés ensuite manger à l’Oyster Bar de Grand Central pour nous remettre avant de prendre un repos bien mérité au Grand Hyatt, qui nous a changé de la boîte de Tic-Tac de l’autre fois.

plazza.JPG
                                                  «Vous mettrez ça sur ma note ! »

    Dimanche, après un brunch de dim-sum à China Town nous sommes partis chez des amis de nos amis (qui sont, vous l’aurez inféré, nos amis) jouer les trappers :

trappers.JPG

    Et oui, ils vivent au bord d’un lac, les pauvres, et le lac était gelé. Ce qui n’était pas rassurant c’est que lorsqu’on était au milieu du lac gelé, à marcher christiquement sur l’eau, on entendait d’étranges cris de baleines, venus en fait des mouvements de la glace sous la surface. Intéressant et inquiétant, en même temps. Le local s’y promenait avec son fils et comme il n’avait pas l’air suicidaire, nous suivîmes gentiment. Il faisait dans les -11°C cette fois, ce qui était assez rassurant en un sens.
    Voilà ! Plus long fut le retour. Depuis nous travaillons d’arrache pied pour mériter de si beaux souvenirs.

La prochaine fois j’aurai la liste de ceux qui m’aiment (A.B.E.S.).
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